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BETC
6 rue Sibour
75 010 Paris.
BETC-EURORSCG est une agence de publicité qui a déménagée de Levallois vers le centre de Paris, dans un bâtiment du XIXème qui était un ancien grand magasin populaire. Une fois la réhabilitation architecturale réalisée, Catherine y a géré avec Indiana, tous le projet de conception et d'aménagement intérieur du mobilier. Elles ont choisi de faire appel à certains designers pour des projets spécifiques...

Catherine : Il y a une petite terrasse en bas. C'est éclairé vraiment comme un atelier, par le nord,, l'agence travaille donc à la lumière naturelle. C'est je pense un luxe fabuleux aujourd'hui dans des bureaux pour 300 personnes. Et la vue est superbe. Par exemple, les petites statues de la gare de l'Est, ont vraiment l'air de voler sur la ville.
Sonia : C'est vrai que la vue est superbe.
Catherine : Etonnante. On ne voit jamais Paris sous cet angle-là Beaubourg là, et les petites dentelles de la mairie. En fait, c'est un entre-deux. On est à mi-hauteur de la colline. Aujourd'hui, le ciel est enrhummé ( !), mais normalement on voit les tours de la Défense.
Sonia : On est au niveau des toits. Vous êtes venus plusieurs fois sur cette terrasse-là ?
Indiana : Au tout début, on faisait les réunions ici, et il y avait les ouvriers qui bossaient avec leur poste à fond. Nous, nous étions pieds nus sur la terrasse. Mais, la terrasse n'est pas finie d'être aménagé. Elle le sera au printemps prochain.
Sonia : Qu'est-ce qui manque ?
Catherine : Il manque des cabanes, contre le vent, contre le soleil...
Sonia : Vous avez aménager des espaces pour qu'ils puissent réfléchir sans êtres enfermés.
Catherine : C'était aussi une demande de Rémi, le directeur, qui voulait offrir à ses créatifs des espaces de repos mais il voyait la documentation comme quelque chose d'assez universitaire. C'était tout son paradoxe. Il nous semblait donc que pour voir les créatifs y venir, il ne fallait pas que ce soit un endroit avec seulement des tables et des chaises. Ces gens, qui cherchent et créent, doivent pouvoir se reposer, se relaxer. Ils souhaitaient donc une espèce de zone de détente aussi. La zone de documentation réelle, c'est-à-dire être assis à des tables, est peut-être finalement un peu plus petite que le reste. Mais se documenter, c'est aussi regarder des images, etc. et peut se faire autrement que dans la position assise. Ce fut notre proposition.
Sonia : En tout cas, c'est un bon parti pris car la création a besoin de beaucoup de liberté pour pouvoir penser et imaginer les choses.
Catherine : L'idée première, qui explique le choix de cet endroit, un quartier dans la ville, populaire, était se stopper cette vie de bureaux de la banlieue ouest, très coupée des choses, avec au mieux une petite épicerie un peu glauque, pour être vraiment en prise avec la vraie vie : ça klaxonne, ça se gare, ça livre... Tous les commerces s'y trouvent. De plus, les créatifs ne sont pas loin de Beaubourg où ils peuvent se rendre à la bibliothèque, etc. Donc, le projet de départ voulu par BETC consistait en étant dans un quartier vivant, populaire et à mettre des gens en connexion avec la vie - parce qu'ils s'adressent aux gens de tous les jours. Ensuite, notre propos, c'est, au sein de ce bruit, de ce brouhaha, très important et nécessaire à la création, travailler des zones qui permettent de savoir et de pouvoir être au calme, tenir des réunions en petits groupes, mais aussi en plus grands car les différentes étapes du métier l'exigent. Et puis travailler sur la notion d'open space, qui fait peur et nous le comprenons ! Et ça, ça a été une grande partie du travail.
Indiana : Une vraie réflexion.
Sonia : En fait ce lieu c'est un peu l'antithèse des grosses tours de la Défense qu'on voit là-bas.
Catherine : C'est exactement ça.
Sonia : Donc là, on a un regard direct vers ce qu'il n'est pas souhaitable de faire ?
Catherine : Non C'est essayer de comprendre le métier, comment il fonctionne, et finalement être en adéquation avec un souci d'image - c'est sûr, c'est une boîte de pub, il ne faut pas l'oublier, où les gens ne sont pas totalement innocents et naïfs. Pour eux, mettre du design dans une agence, c'est aussi montrer ", " on est des gens dans l'air du temps, etc. "
Indiana : Ce n'est pas anodin. Et en même temps, la démarche de Rémi, nous a semblé avoir un sens, par rapport à la manière de travailler et ce qu'il offre aux gens.
Catherine : Et puis, ça a été l'occasion, acceptée par Rémi, de se dire : finalement on connaît des gens ou de jeunes designers qui n'ont pas forcément l'opportunité tout le temps de faire de travailler sur un lieu spécifique en relation avec du mobilier déjà existant. Ça, c'est aussi un exercice de designer. C'était génial de pouvoir le faire.
Sonia : Mais, le mobilier était déjà fait en réalité ?
Catherine : Il y a 2 endroits différents : La partie bureau. Pour des raisons de temps et de développement de produits : l'idée a été de choisir des bureaux et des fauteuils existants. une table, qui ne ressemblait pas forcément à un bureau, mais qui était vraiment l'archétype de la table, qu'on verra tout à l'heure, conçue par Jean Nouvel, grand architecte. S'agissant des chaises, comme que tout le monde était très anxieux à l'idée de se retrouver dans un open space, elles sont toutes différentes et ont toutes déjà vécu. L'endroit avait aussi été un magasin de meubles. C'était donc important pour nous de filer toute cette histoire par rapport au mobilier et aux besoins des gens. Toutes les chaises sont chinées, des années 50, 70, recouvertes de tissus aux couleurs différentes, chacun a donc sa chaise qui n'est en aucun cas celle du voisin. Tout le monde a la même table. Ça c'était super important. : que le mobilier ne traduise pas une fois plus les différences hiérarchiques ou de considération des métiers.
Indiana : L'idée, c'est que les gens puissent se réapproprier un espace. Et la ré-appropriation passe par un élément différentiel. Cet élément d'appropriation, on l'a pris en compte dès la base. On a proposé des zones de salons, on va les voir plus tard. Ce qu'il faut savoir, c'est que les gens ont aussi, dans le choix du mobilier, la possibilité d'en faire ce qu'ils veulent. Par exemple, le salon du 3e, celui des créatifs fait l'objet d'agencements perpétuels : à chaque fois qu'on y passe, il est différent. Les gens bougent tous les éléments selon les réunions et les projections qu'ils y font. C'est très important. Car au départ, on fait, sur la base d'une réflexion, une proposition de cadre de vie aux gens, qui après l'investissent.
Sonia : et l'on ne sait pas comment ils vont utiliser cette réflexion.
Catherine : Envisager ça à la base, c'est faire en sorte que les gens vivent mieux avec.
Sonia : Quand vous revenez ici, vous constatez que ça a fonctionné, qu'ils ont complètement intégré...
Catherine : Parfois, le résultat n'a plus rien à voir avec la manière dont on les avait installés le jour où l'on est rentré dans le bâtiment. Mais, c'est ça qui est intéressant.
Sonia : Combien de designers ont travaillé sur le projet ?
Catherine et Indiana : 5 : Jurgen Bey, Erwan et Ronan Bouroullec, Konstantin Grcic, Radi designers, Fréderic Ruyant, plus la présence d'autres nombreux à travers leurs créations.
Sonia : Comment avez-vous procédaient ? Vous avez dispatché un designer par lieu ou ?...
Catherine : Une fois décidée d'acheter du mobilier existant pour l'open-space, il restait cinq lieux à aménager. On a défini cinq projets spéciaux, écrit des cahiers des charges qu'on a transmis à des designers, dont l'intervention, pour certains, était d'emblée évidente, et pour d'autres s'est peu à peu définie au fil du temps.
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