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Chez Catherine. Elle prend son petit-déjeuner. Rituel de la matinée, ouvrir son courrier, parcourir le Monde .

Sonia : Tu es gênée par le regard de la caméra ?
Catherine : Non, pas du tout, en fait moins que je pensais, c'est juste que face à la caméra ou à un appareil photo, il faut aussi se comporter d'une certaine manière, finalement.
Sonia : Alors, tu fais fabriquer tous tes vêtements en Inde, c'est ça ?
Catherine : Oui, je donne des choses à faire en Inde. C'est une amie designer, Catherine Lévy qui m'a emmené en Inde la première fois, elle connaît très bien et aller chez le tailleur est là bas, comme pour encore plein d'autre chose, la façon la plus simple et évidente de faire les choses.
Sonia : C'est juste pour toi, pour ta consommation personnelle ?
Catherine : Oui, pour moi et mon fils.
Sonia : Tous tes vêtements viennent de là-bas ?
Catherine : Non pas tout... mais les chemises car les cotons ou les soies sont superbes
Sonia : Les bariolés, t'en as combien de modèles ? Je t'ai déjà vu avec 2, une orange, une verte.
Catherine : Celle-ci n'est pas la mienne. J'en ai fait faire sept pour mon fils, une de couleurs différentes, pour chaque jour de la semaine, et je porte finalement les couleurs qu'il aime le moins.
Sonia : Donc ton fils aussi s'habille toujours de la même manière ?
Catherine : Tu sais, pour un garçon, c'est simple : Tee-shirt, chemise, pantalon. Et voilà, c'est parti.
Sonia : Et toi, tu t'habilles toujours de la même façon ?
Catherine : Oui, moi je m'habille assez de la même façon.
Sonia : Je ne sais pas si tu as vu le film " La mouche ". Le scientifique s'habille toujours de la même façon. Sa copine arrive dans son appartement et lui fait la remarque. À laquelle il répond, en ouvrant son placard, qu'il a le même costume en plusieurs exemplaires.
Catherine : Pour moi, ce n'est pas le même problème. Mes vêtements ont grosso modo tous la même coupe mais sont tous différents.
Sonia : Pourquoi, tu n'aimes pas te tracasser avec tout ce qui est vestimentaire ?
Catherine : Non, j'adore les vêtements, les démarches des créateurs, les coupes et les matières. Mais, je n'aime pas me poser 36 000 questions pour m'habiller. Un truc, qui me va me suffit. Voilà.
Sonia : Tu as peur de la question de savoir ce que tu vas mettre aujourd'hui ?
Catherine : Non, je n'ai pas peur de ça. Mais je trouve pratique de savoir que ce vêtement là me va. Et point. Terminé. À partir de là, il reste quand même les couleurs à assortir, plus tout le travail à faire après, c'est tant mieux et amplement suffisant !
Sonia : En fait, tu limites ta prise de tête sur comment t'habiller.
Catherine : Voilà, exactement.
Sonia :Tu préfères garder ton énergie à penser à autre chose ?
Catherine : Non, non. C'est plus pratique, vraiment. J'aime bien, pour un vêtement, garder la même forme qui me plait avec des tissus différents. En fait, c'est surtout aller acheter des vêtements qui m'épuise.
Sonia :Moi, je n'y arrive pas non plus. J'aimerais dans un futur proche avoir suffisamment d'argent pour envoyer quelqu'un faire les courses à ma place, parce que les grands magasins, surtout le jour des soldes, c'est vraiment l'horreur.
Catherine : Les grands magasins, je n'y mets jamais les pieds. Donc faire ou faire faire ses vêtements est la solution. Et ce n'est pas forcément plus cher. Un beau pantalon aujourd'hui, ça vaut combien ? 1 000 francs?
Sonia : Oui, pour les femmes, c'est horrible, tu ne peux rien avoir de potable à moins de 400 francs
Catherine : Un pantalon à faire, ça peut ne pas coûter 1000 Francs, raison peut-être aussi pour laquelle je porte toujours les trois mêmes formes.
Sonia : C'est vrai, ça ? Mais en même temps, c'est le temps que tu vas passer pour aller chez le couturier, pour qu'il prenne tes mensurations.
Catherine : Non, la jeune femme, Delphine, qui fait mes vêtements, vient chez moi. Elle fait un patron, puis une toile à mes mesures. C'est un plaisir. C'est autre chose. J'en avait envie depuis longtemps quand j'ai commencé ce système. C'est Catherine, la même amie qui elle aussi agit ainsi... j'imagine que ça m'a décomplexée pour passer à l'acte ! C'est comme aller au marché pour moi, ou remplir un bidon de pétrole pour faire marcher son poêle, un temps que l'on décide de prendre, lié à des choses peut-être un peu anachroniques et pas tellement actuelles, mais qui sont un vrai plaisir à faire. Aller choisir un fromage de chèvre, prendre le pain "y ", pour moi est un plaisir. C'est la même chose pour enfiler un pantalon qui va m'aller, discuter de la coupe, etc. C'est bien de prendre son temps pour ça. Et pas dans une boutique avec une vendeuse qui va ttrouver fantastique que j'ai l'air d' " un sac à patates ". Je trouve que nos vies sont suffisamment speedées et angoissantes... pour ne pas se rajouter ces petites dépressions nerveuses et bien féminines de retours de courses, ces petits et ridicules désespoirs à 3 francs qui souvent veulent dire aussi bien plus. Pas la peine de...
Sonia : ... s'en rajouter plus. : C'est un point de vue très personnel.
Catherine : Peut-être, mais ils je pense que plus de gens qu'on le croit vivent de cette manière. |
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